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Pourquoi l'Église a-t-elle rejeté comme non-canoniques les textes dits "apocryphes" 

 

Ces évangiles, à l'exception de celui dit "de Thomas", ont été rédigés à partir du deuxième siècle, soit très postérieurement aux textes retenus, proches des faits rapportés. Ils péchaient surtout par deux travers. Les uns relevaient de la plus haute fantaisie. Ici l'enfant Jésus joue avec des lions et des léopards. Là, il foudroie un enfant qui l'avait bousculé. Un troisième salut la conversion de Ponce Pilate, mort en chrétien etc.   Les autres, d'une tout autre élévation, ressortissaient de la littérature gnostique. La Gnose oppose le ciel divin à la terre réputée mauvaise. Le Christ est descendu sur Terre pour donner aux initiés, êtres spirituels fourvoyés sur Terre, la connaissance ésotérique propre à leur faire regagner les sphères célestes – une littérature aux antipodes du message d'un Christ ressuscité pour montrer la voie du salut à l'ensemble de l'humanité.

 Paradoxalement, et démentant les fantasmes contemporains, des textes ont été écartés alors qu'ils confortaient la doctrine naissante. Ainsi de l'évangile dit "de Pierre", décrivant avec minutie la Résurrection tout en asseyant l'autorité de Pierre, clef de voûte de l'Église. Ou du "Protévangile de Jacques", affirmant la conception de Jésus par le Saint Esprit et initiateur d'une Mariolâtrie jamais démentie depuis.